Greta et Marguerite
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Kalindi Ramphul
Un roman drôle et émouvant
Greta et Marguerite de Kalindi Ramphul est un livre sur deux femmes qui n’ont rien en commun mis à part un homme. Tout débute d’un homme mais ce n’est pas son histoire. C’est l’histoire de deux femmes : Greta est hôtesse de l’air et rencontre Romuald marié à une architecte bretonne qui s’appelle Marguerite. Le récit débute donc comme un roman d’amour, ou de drame, tout dépend de quel côté on observe le récit. Mais rapidement le roman va prendre une toute autre tournure suite à une tragédie (laquelle me direz-vous ? et bien allez à la bibliothèque emprunter ce livre !! ). Alors le titre prendra tout son sens et ce duo de femmes enquêtera ensemble. Cette quête est bien plus importante qu’elle n’y paraît puisqu’il s’agit véritablement d’avancer, chacune dans son cheminement avec son histoire propre. Mais bien malgré elles, leur destin est à présent entrelacé à travers Romuald, cette femme qui n’a jamais désirée être quittée pour une autre plus jeune, cette petite fille qui va s’attacher à sa nouvelle belle-mère et ce Romuald qui ne veut blesser personne. Entre la France et la Finlande, ce roman vous fera voyager.
📖 C’est l’histoire d’un secret. Deux femmes gravitent autour d’un homme. Une histoire d’amour, de deuil, d’aventure. “Romuald a paru, tout à coup, remettre son existence en question. Même si lui et moi constituions deux corps célestes fondamentalement différents, deux nébuleuses sans aucun rapport cosmique, le père de famille ne semblait pas juger d’un mauvais oeil mon inclination personnelle pour le désordre des heures et des habitudes. Au contraire, mon récit avait l’air de le régénérer.”
Extraits
Page 63 – Greta découvre Marguerite
“Je me suis relevée de ma chaise, affamée de découvrir le visage de la mère de l’enfant, même si je savais que cela me précipiterait dans un abîme de navrement intarissable, notre besoin de consolation étant impossible à rassasier, ainsi que l’écrivait Stig Dagerman. J’ai d’abord regardé le bras laiteux qui tenait la gamine, puis le torse joliment enfermé dans une chemise blanc immaculé, avant de découvrir un cou parsemé de grains de beauté, long, fier et enlacé d’or. Enfin, j’ai dévoré son visage du regard. Ce visage dur au nez long et droit, à la bouche fine, ce visage fermé et terriblement maternel à la fois, un casque délicat de cheveux blonds emprisonnés dans un foulard de soie. Marguerite dégageait l’autorité naturelle de ces bourgeoises pour qui la marinière et le pantalon en lin beige semblaient avoir été inventés. En la voyant traverser la rue, sérieuse, presque grave au bras de son feu follet couleur langouste, j’ai éprouvé une sensation plus inattendue que la jalousie : l’admiration.”
Page 71
“Il m’aura fallu plus de vingt-cinq ans pour comprendre que l’amour tient à cela : rester. Un verbe de six lettres que Paul n’aurait pas su conjuguer. Et s’il m’avait écrit “restes”, je serais partie deux fois plus vite. Rester. Rester quand on discerne enfin, derrière un physique alléchant et de belles paroles, les peurs, les vanités, les laideurs de l’autre. Rester quand notre partenaire rencontre des problèmes familiaux, d’argent, d’estime, parfois tout ça ç la fois. Rester quand il devient une figure fraternelle plus qu’un amant désirable. Rester quand les soirs sont tous les mêmes et les nuits de plus en plus chastes. Rester en dépit du temps qui affadit tout, peut-être que c’est du masochisme. Mais moi j’appelle ça de l’amour. Je veux le croire. Sinon, à quoi bon ? Il faudrait tout recommencer tous les trois mois. Rester, en tout cas, c’est ce que Romuald avait l’intention de faire. Et ça relevait du putain du miracle. Un simple texto de Romuald, et mon existence avait pris la tournure d’un conte du XXIe siècle, où les personnages avaient le courage de leurs ambitions, prenaient leur existence en main, plutôt qu’attendre bêtement, comme la Belle au bois dormant, qu’un gars dénué de toute consistance existentielle vienne les réveiller. Un simple texto et ma vie avait été précipitée dans un nouveau format.”
L'avis de Charlotte
❤️ C’est un roman plein de vie, terriblement juste qui trouve toute sa place sur une table de littérature contemporaine.
8/10
Charlotte
Chroniques littéraires
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