Lorsque le dernier arbre
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Michael Christie
Un grand et beau roman, maîtrisé et passionnant
Il m’a suffi de seulement quelques pages pour me retrouver happée par ce roman ! Les livres remontant plusieurs générations d’une famille sont toujours enthousiasmants.
L’édition originale de Lorsque le dernier arbre de Michael Christie a été publiée en 2019 sous le titre Greenwood. Sa version traduite en français a été publiée en 2021. Dans ce roman, la forme est inhabituelle. En effet, l’histoire débute en 2038 puis on remonte jusque dans les années 1930 pour suivre différents personnages d’une même famille. Le format est assez original puisqu’on débute l’envers pour terminer là où tout a commencé.
Un récit dystopique
Suite au “grand Dépérissement”, le système économique mondial s’est écroulé, la nature a été quasiment entièrement détruite et de nombreuses épidémies font rage sur la planète. Vous vous doutez que cela fait particulièrement écho actuellement … Pourtant une île semble protégée et à l’abri de ces catastrophes. Jacinda Greenwood y travaille en tant que guide, proposant des tours de visite à de riches touristes avides de prendre en photo les derniers arbres en vie de la Terre. Vous plongerez dans un monde abîmé parsemé de végétaux et de personnages amoureux du bois et de la nature. Vous découvrirez les sacrifices auxquels les Hommes sont prêts pour protéger un enfant sans pour autant que celui-ci en ait connaissance une fois devenu adulte. Comment en suis-je arrivé là ? Voici la question que se pose Jacinda Greenwood et que nous allons découvrir.
Extraits
Page 88
“ “Est-ce que tu aimes les forêts plus que moi ?”
Sur la chaise longue qu’elle a sortie du Westfalia pour s’asseoir au bord de l’océan, sa mère remue un peu et passe une main dans ses cheveux emmêlés par le sel. Ils ont fini par arriver dans l’Oregon pour fêter les dix ans de Liam, sauf qu’ici l’eau est noire et glacée, et les vagues trop petites pour surfer. Il a passé un après-midi cafardeux à écraser entre deux cailloux les coquilles de moule mauves qu’il trouve sur la plage. Le froid n’a pas empêché Willow de se baigner nue toute la matinée au milieu d’une armada d’algues brunes qui la masquent et la révèlent tour à tour. Il préférerait qu’elle porte le maillot de bain qu’il lui a pudiquement acheté avec son propre argent chez JC Penney, mais elle n’a même pas retiré l’étiquette.
Sa question flotte entre eux, sans réponse, tandis que sa mère ouvre lentement une orange avec son Opinel et mord dans un quartier. Ce n’est pas la première fois qu’il lui demande et ça agace Willow, il le sait, mais il revient tout de même à la charge. Il a besoin de savoir, rien ne compte davantage, et peut-être, puisque c’est son anniversaire, obtiendra-t-il cette fois gain de cause.
“Tu es quelqu’un de bien, Liam. De très, très bien, même. Mais tu n’es qu’un être humain, dit-elle en aspirant la pulpe coincée entre ses dents pour la recracher dans l’herbe. La nature est plus grande que toute l’humanité réunie.“
L'avis de Charlotte
Je ne peux que vous conseiller de ne pas lire le résumé pour plonger tête la première dans un monde futuriste en proie à une crise climatique majeure particulièrement réaliste. C’est un excellent livre coup de cœur qui nous amène à réfléchir sur notre monde et notre avenir.
9/10
- Page Babelio
- Pour l’acheter chez votre libraire (EAN : 9782226441003)
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